Toi qui comme un clodo d' Alain Girard
« Je sais qu’il fera beau le jour où je mourrai »
J’avais écrit ces mots, quelque part, sans regret,
Un matin ou un soir sur la route du temps…
Il ne me souvient plus quel était cet instant !
Il ne me souvient pas de l’orage écarlate
Où balbutiait ma vie d’écrits en coups de latte ;
Où le peut-être peu, où le peut-être bien
S’étonnait – malgré tout – de la mort qui dit : « Viens ! »
« J’aime à te regarder depuis tant de soupirs,
Toi qui connais le peu, l’improbable, le pire ;
Toi qui me vis en face et négocia au ciel
Ton ombre sur la vie même pestilentiel ! »
« J’aime que tu ne sois ni amour, ni passion,
A peine résolu à tes révolutions
Dont – toute chose ici – n’agrée leurs importances,
Toi qui, comme un clodo, recherche sa potence ! »
Je sus qu’il ferait beau le jour où je mourrai
Un matin d’autrefois, une nuit en secret ;
Je ne devinais rien, j’écoutais mon histoire
Aux galbes de mes mots, sur ma piètre écritoire !
Le jour, qui basculant aux pénombres du rêve,
Où la nuit incendiée, ne me laissaient de trêve,
Ils évoquaient mon nom à la faucheuse blême
A laquelle je dis – très simplement – « je t’aime ! »
Ecrit par Alain Girard
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